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Agriculture intelligente face au climat aux Philippines


Lorsque le super typhon Haiyan a ravagé la région des Visayas orientales aux Philippines le 8 novembre 2013, les moyens de subsistance et la production agricole de la région ont subi de lourdes pertes. En tant qu’initiative de reprise économique à long terme, le projet Tukod a aidé les agricultrices et agriculteurs de Leyte, du Samar et du Samar oriental à faire la transition vers des pratiques agricoles durables et intelligentes face au climat L’objectif général est de revitaliser les communautés marginalisées les plus vulnérables au changement climatique et aux catastrophes naturelles et de renforcer leur résilience. Je suis Sarah Arca de Sitio Pasak, Dolores, au Samar oriental. Lorsque le typhon Yolanda a ravagé notre pays, il a détruit notre source de revenus,
en particulier les cocotiers. Il a causé des dégâts intenses et irréparables, freinant la production des cocotiers. Lorsque le typhon Yolanda a frappé, les produits à base de noix de coco n’ont pas été réapprovisionnés, la production ayant cessé. Nos revenus ont depuis chuté de manière spectaculaire. Grâce aux personnes rencontrées à travers le CECI et CONCERN après le typhon, j’ai pu bénéficier du projet TUKOD en participant à des formations, notamment en agriculture. L’agriculture intelligente face au climat enseignera aux agriculteurs à planifier leurs cultures de manière à ce que d’autres cultures soient déjà récoltées lors de la saison des pluies ou à ce qu’elles puissent résister aux sécheresses ou aux inondations. Le progrès le plus important que j’ai réalisé en agriculture est d’avoir appris la bonne méthode pour planter chaque culture, contrairement au passé où j’utilisais n’importe quelle méthode. La chose la plus importante à retenir est que la plantation de cultures racines et de légumes doit être faite à la saison sèche et que la plantation de rizières doit être faite à la saison des pluies. Les agricultrices et agriculteurs des Visayas orientales ont peu de capital. Nous leur enseignons la production agricole biologique ou à peu d’intrants de sorte qu’elles et ils puissent obtenir plus de revenus tout en diminuant leurs dépenses. Dans le passé, la production donnait un rendement de seulement 20 à 30 sacs. Et lorsque j’ai mis en pratique les connaissances acquises, cela a considérablement augmenté. Le demi-hectare de terrain que je laboure produit actuellement jusqu’à 50 sacs. J’aime pouvoir partager mes apprentissages avec des personnes qui ne connaissent pas encore les bonnes méthodes. Et nous augmentons notre portée en enseignant ces pratiques à Dolores. L’agriculture est un moyen de subsistance assez laborieux. Cela demande beaucoup d’efforts et d’attention. J’espère que tous les agricultrices et agriculteurs puissent se passionner pour leur travail L’un des programmes du projet TUKOD du CECI concerne l’agriculture urbaine. Ce programme vise principalement à assurer la sécurité alimentaire des zones urbaines pour que la population ait accès à de la nourriture en quantité et en qualité suffisantes. En parallèle, le programme vise à assurer aux participants une nouvelle source de revenus. Avant le projet TUKOD, les conditions météorologiques imprévisibles, l’un des effets des changements climatiques, nous causaient souvent des problèmes En décembre dernier par exemple, des pluies incessantes ont ruiné nos récoltes. Ça a été dur pour nous. Je dois dire que c’est plus facile pendant la saison sèche, car l’irrigation ne pose pas trop problème ici. Mais quand même, certains produits récoltés sont parfois invendables Nous avons appris qu’il était préférable de cultiver une variété de produits plutôt qu’une culture unique. Nous avons réservé un quart d’hectare à la culture des aubergines. Nous avons également d’autres légumes ailleurs comme la margose, la courge et le concombre. Ainsi, nous aurons quelque chose à récolter, peu importe le climat. Le projet TUKOD du CECI nous a également enseigné l’importance de la sécurité alimentaire. Certains légumes ont l’air parfaits à cause des produits chimiques utilisés pour les cultiver. De ce que j’ai appris, il est préférable d’acheter des produits qui sont légèrement couverts de taches. Ceux qui ont l’air plus biologiques Je recherche le bien-être de ma famille. La sécurité alimentaire, ce n’est pas seulement avoir assez de nourriture. C’est aussi faire attention à la qualité des aliments que nous consommons. Il est rassurant de savoir que la nourriture que je fournis à ma famille ne contient pas de produits chimiques nocifs Le projet TUKOD nous a aidés à former une fédération Celui-ci a eu un grand impact sur les revenus de ses membres en éliminant l’intermédiaire. La fédération contrôle maintenant les prix sur le marché et nous recevons notre juste part pour nos produits Par exemple, si je vends un certain légume à 40 pesos le kilo, la fédération ajoute seulement 5 pesos au prix final. Ce sera alors moins cher que celui, disons, de Davao, qui vend le même légume à 50 pesos le kilo. Donc, ils préfèrent acheter des légumes à la fédération parce que c’est moins cher. Avant que le projet Tukod arrive, les agricultrices et agriculteurs n’étaient pas organisé-e-s. C’est le projet TUKOD qui nous a aidé-e-s à créer une association. Nous remercions Mlle Lorie d’être venue nous voir. Elle a dit qu’ils recherchaient vraiment des bénéficiaires, en particulier des personnes qui fabriquent des produits à base d’abaca. Le projet TUKOD nous aide à gagner notre vie en nous fournissant le matériel. Nous attendons avec impatience le moment de la récolte lorsque nous pourrons enfin en tirer des revenus. Le fait d’être leader LFT au sein de notre communauté me donne la motivation nécessaire pour pouvoir aider les autres à gagner leur vie. Ce programme nous a permis d’aider nos familles, contrairement au passé lorsque nos compétences et connaissances pour travailler à gagner notre vie étaient plus limitées. Dans le cadre du programme TUKOD, nous avons été sensibilisé-e-s, entre autres, à la question de l’égalité femmes-hommes et à la réduction des risques liés aux catastrophes. Nous avons ainsi renforcé notre pouvoir dans notre communauté. Nous sommes surtout reconnaissants au projet TUKOD de nous avoir donné plus de connaissances. J’espère les transmettre à d’autres personnes afin de diffuser toutes les connaissances que nous avons acquises. Le projet Tukod est mis en œuvre conjointement par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et le Center for Emergency Aid and Rehabilitation (CONCERN), avec la contribution financière du gouvernement du Canada à travers Affaires mondiales Canada (AMC).

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